Lundi 28 avril 2008
Hola!

Et ben non, en fait le prochain message ne sera pas dans un mois mais tout de suite ! Parce que Trafkura mérite vraiment son article.

Mais commençons par le commencement, Milton (et oui, encore lui, il est vraiment formidable ce Milton) est membre du CouchSurfing c'est à dire qu'il accueille des travelers de tous pays et leur offre son canapé pour la nuit. (Pour les curieux : cliquez ici et vous pouvez même vous amusez à nous chercher parmis les couchsurfers de Temuco !). Et il se trouve que l'Allemande qui a failli mourir (ou du moins vomir) au Nguillatun est en voyage pour 6 mois en Amérique du Sud et a atterri sur le canapé de Milton il y a un mois et le squatte toujours. Bon normalement, on ne reste pas un mois chez son hôte de CouchSurfing mais notre Allemande, qui ne s'appelle pas Trafkura mais Liane, s'est trouvée tellement bien à Temuco (comme quoi...) ou sur la canapé de Milton mais ça on ne le dira pas... Donc comme on ne quitte plus Milton, on n'a plus quitté Liane, ce qui fut un réel plaisir !

Je vous présente donc Liane :


Nous voilà donc partis un WE avec Liane participer à un atelier de permaculture (afin d'écourter mes articles, je vais désormais abuser de wikipédia : pour tout savoir sur la permaculture, cliquez ici) organisé dans un lieu magique petit paradis perdu au milieu de la cordillère des Andes : j'ai nommé Trafkura !

Mais Trafkura, encore une fois, ça se mérite ! Il faut d'abord prendre un bus jusqu'à Melipeuco d'où on a une vue imprenable sur le volcan Llaima,


volcan qui est d'ailleurs entré en éruption le 1er janvier dernier. Si vous voulez voir ce que ça donne, cliquez là ! Et selon les gens du village, on peut encore voir des fusées de lave jaillir du cratère la nuit...

Une fois à Melipeuco, il reste 20 km de piste jusqu'au pont Mapocho sur la route de l'Argentine. 3 fois par semaine, un bus peut nous déposer au pont, le reste du temps (en l'occurrence en ce qui nous concerne...), il y a 2 solutions : le stop ou les jambes, ou plutôt le stop ET/DONC les jambes car les véhicules se font rares sur la piste et les peu nombreux que l'on croise roulent tellement vite (100 km/h pour une des voitures dans laquelle on est montés) qu'ils ne prennent pas le temps de s'arrêter et t'envoient toute la poussière de la piste dans la figure. Mais parfois, on a quand même de la chance et on trouve une charmante jeune fille en chemin vers l'Argentine qui accepte de nous faire une place dans sa voiture ou un un peu moins charmant éleveur célibaitre qui nous fait monter dans sa bétaillère et rêve d'épouser une Française, ben tiens comme par hasard ("Non merci, de toute manière je préfère les filles" J'essayerai ça la prochaine fois...). Une fois arrivés tant bien que mal au pont Mapocho, il faut "monter la colline", c'est l'indication que j'avais la première fois que nous y sommes allés car étant restée à Temuco le vendredi soir pour des raisons obscures, j'ai rejoins les autres le lendemain matin. Ce jour là, il pleuvait des cordes et plus je "montais la colline", plus les gouttes de pluie se transformaient en... flocons de neige...

Voilà donc à quoi ressemblait Trafkura quand j'ai enfin rejoins mes compagnons :



Bon ben tant pis pour l'atelier construction d'une serre, on reviendra ! En attendant, on rentre se mettre au chaud au coin du feu avec un bon maté évidemment dans la petite maison en bois de Ricardo.



Oui oui, Ricardo est bien en T-Shirt alors qu'il neige dehors mais il faut avouer que l'ENORME feu au milieu de l'unique pièce chauffe incroyablement ! (J'ai failli mourir de chaud en débardeur) Et heureusement pour lui car à Trafkura, pas d'électricité, pas de chauffage et eau de source qui gèle dans le tuyau !



A que c'est bon de regarder la neige tomber dehors !


Après une superbe veillée musicale au coin du feu et une nuit même pas froide, les nuages se sont enfuis pour nous laisser apprécier ceci au réveil :


Et voilà l'équipe d'apprentis permaculteurs au grand complet !


Et même si la neige avait rendu impossible le travail en extérieur la veille, elle n'a pas empêché des échanges passionnants !


Et comme Liane est vraiment formidable (décidement, tous ces gens formidables !) et a été charmée par l'endroit (pas difficile en même temps), elle décide de rester travailler comme volontaire dans la ferme (WOOFING pour les initiés). C'est donc le coeur serré que nous la laissons à Trafkura mais voilà que moins d'une semaine plus tard, nous recevons un mail plutôt sympatique... : Liane, redescendue à Melipeuco, avait trouvé Internet et nous envoyait : "Hola chicos! Bon, Ricardo part pour une semaine je vais donc passer la semaine toute seule à Trafkura donc si ça vous tente de venir me tenir compagnie en apportant un peu de vin, vous êtes les bienvenus !" Il ne nous en faut pas plus pour nous décider, une telle invitation ça ne se refuse pas ! Donc après avoir présenté un travail sérieux à notre tuteur le lundi matin (sisi, on travaille parfois...), nous voilà partis avec Claire et Milton pour Trafkura. Ah la vie d'étudiant en thèse...

Et quelle ne fut pas notre surprise en arrivant de trouver Liane parler une langue bizarre (qui s'est révélé être de l'Anglais en fait...) avec un jeune homme. A Melipeuco, elle avait trouvé un Nord Américain en vadrouille en Amérique du Sud qui était parti pour marcher dans la parc du volcan mais elle l'avait convaincu de passer plutôt quelques jours avec elle à Trafkura, ha sacrée Liane ! Petit groupe très sympatique et cosmopolite donc mais on a vite fait comprendre à Chris (le gringo, le vrai !) que ça allait pas être possible de continuer dans la langue de Shakespear, ben non, désolés, on sait plus faire...

Les journées à Trafkura quand on est en vacances (donc qu'on ne travaille pas dans le jardin) ça ressemble à ça !

Le matin au réveil, si t'as faim, il faut d'abord aller chercher du bois et là, Lénaïco se retrouve replongé dans son élément ! Et cette fois, il a même trouvé un compagnon de jeu !



Puis il faut couper le bois et là encore, Lénaïco  prend les choses en main !


Et pendant que les hommes transpirent, nous on va prendre notre douche sous une cascade.


Oui oui, il neigeait la semaine précédente et on se baigne dans la rivière, et alors ? Bon, j'avoue qu'elle était vraiment GELEE GLACEE tout ce qui vous voudrez mais c'est tellement bon ! (A mais là ça va pas du tout ! Elle paraît minable sur cette photo notre cascade ! En vrai elle est très IMPRESSIONNANTE ! Tenez, sur la photo suivante il y a une échelle : si vous vous concentrez bien, vous pouvez apercevoir la tête de Liane qui se baigne sur la gauche...)


Une fois bien propres et glacées, on remonte dans la cabane où les hommes ont fait du feu et on peut commencer à cuisiner (comme quoi, à force de vivre dans un pays machiste, on finit par se plier aux coutumes locales). Au menu : Sopaipillas (beignets chiliens) et tortilla (qui n'est pas du tout une tortilla, c''est simplement du pain mais ici ils l'appellent comme ça !). Et tout ça au feu de bois s'il vous plait !


On laisse reposer la pâte au coin du feu pour la faire lever.


(Les yeux avertis auront reconnu le maté et sa paille en métal près de la pâte.)


Et le feu de Lénaïco est tellement génial qu'on peut y cuisiner en même temps la tortilla dans la cendre chaude et les sopaipillas frites dans l'huile sur le feu !



Et voilà le travail !


(Bon là je triche un peu, ce sont les sopaipillas de Ricardo une semaine auparavant mais les notres étaient au moins aussi beaux !)
Là par contre c'est NOTRE tortilla ! Et elle est parfaite ! Bien cuite, pas cramée et pas même une cendre sous la dent !


Et le reste de la journée, ça ressemble à ça :




Comme vous pouvez le voir, Lénaïco est complètement épanoui après avoir trannsporté du bois toute la journée ! Son compagnon de jeu aussi mais un peu fatigué quand même !...







Comme dirait Ricardo en jetant un regard plein de gratitude à la peinture murale de sa cabane, "Muchas gracias a la madre tierra !"




Une petite note nostalgique (snif) : ce fut notre dernière aventure chilienne avec Claire qui nous abandonne à Temuco et part voyager avec Marie à la conquête de l'Amérique du Sud ! Que te vaya bien Clara !!

(Ca ressemble à ça quand on a de la chance sur la route de Trafkura !)


Et pour finir, l'homme de la montagne


(no comment!)



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