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Mardi 15 juillet 2008

21 juin 2008,
23 ans de Lénaïco (merci à ceux qui ont oublié, franchement, bravo quoi !), fête du soleil chez les Incas, cérémonie d’accueil du soleil avec les amis de Martin (Merci Martin !!!!!!!!!!!!!!!),
Compone, 1h30 de bus de Cuzco, Pérou.




Moray, 1h30 de bus de Cuzco, Pérou,
avec des amis argentins.









Ocongate, 3h30 de bus de Cuzco à la montée, 2h en à la descente..., Pérou.
Merciiiiiiiiiiiii Xavier !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


(Au pied de l'Aussangate, 4800m (4800m c'est le PIED de l'Aussangate !...))


Petite rando au dessus d'Ocongate avec une partie des enfants de l'orphelinat.
(Oui, on emmene un groupe d'orphelins surexctités qui courent dans tous les sens escalader les pentes au dessus d'Ocongate, et alors ?????.....)







Pisac, 2h de bus de Cuzco, Pérou.



Copacabana, au bord du lac Titicaca, Bolivie.





Baptême des voitures devant la cathédrale.
(Oui, baptême des VOITURES devant la cathédrale, je vous rassure, les chauffeurs arrosent ça abondamment à la bière...)


Et après ils vont décuver sur la plage avant de reprendre la route, quand même...





Ile du soleil, sur le lac Titicaca, Bolivie.



(Vous l'avez reconnu ? Et oui, c'est LIANE !!!!)

Pour les perspicaces qui auraient remarqué la régularité de la couleur du ciel (ça en devient lassant à la fin j'vous jure !...), et bien sachez que depuis notre départ de Temuco il y a un mois et une semaine, nous n'avons pas rencontré une seule goutte de pluie... On a même oublié à quoi ressemble un nuage... Sylvain et la Denrée, vous pouvez nous envoyer des photos pour nous rafraîchir la mémoire ? Ben faut bien choisir sa destination aussi : quelle idée d'aller au Costa Rica pendant la saison des pluies...

Et pour les encore plus perspicaces qui doivent se dire "nan mais ils ont vraiment la belle vie ces deux là !!", ben oui, vous avez totalement raison !!! Quoi ? "travailler", on a oublié aussi. Mais en même temps, vaut-il mieux travailler gratuitement et payer son logement dans un pays aussi cher que le Chili ou voyager pour moins cher dans des pays comme le Pérou et la Bolivie ?  Vous hésiteriez longtemps vous ?





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Mardi 15 juillet 2008

Hola amigos, que tal?

Bon allez, après un mois de silence, et à la demande de Monique et Jeanne, je me motive enfin pour vous faire profiter de notre chance de batards, il faut l'avouer... Bon, par contre désolée pour nos amis hispanophones, y aura pas la version bilingue... J'ai pas le courage de Lénaïco... :
Lo siento amigos, les quiero muchissimo pero tengo demasiado flojita para escribir en castillano... Pero hara casi solamente fotos!!!

Donc dans le désordre et en vrac, quelques apreçus de notre super voyage en image !!!


Commençons par la rando de ce WE au coeur de la cordillère royale enter le lac Ticicaca et le Paz, Bolivie. Au programme, deux jours de marche avec des amis de Faustine (merci Faustine !!!) mais sans Faustine vous remarquerez..., escalade d'un glacier pour finir en beauté par l'ascension du "Pequeno machin" (on as déjà oublié le nom mais il s'appelle le "petit quelque chose"), on l'appellera donc le "pequeno", qui dépasse quand même le toit de l'Europe de 600m,  pas mal pour un petit hein ? Et oui, on relativise vite ici dès qu'on parle altitude...
En tous cas, c'était super-génial-extra-fou, merci Lucas, merci Jaimé, et encore plus merci à notre guide de cordée (notre cordée = Super LénaÏco, Valer et moi) Valer, même si des fois il avait du mal à enfoncer sa vice à glace dans la glace pour nous assurer, mais on lui pardonne, il fallait suivre notre rhytme et ça c'était pas facile, hein Valer ?, nan en vrai, merci 100 000 fois Valer, t'as trop assué, c'est le cas de le dire, jejeje, bon j'arrêter de terjiverser, place aux images !
A non quand même, avant que je me taise, quand même un énorme BRAAAAAAAAAVOOOOOOOOO à super Lénaïco qui, à peine sorti d'une bonne grosse fièvre, me déclare tout tranquille : "Ok, moi aussi ça me dit bien l'ascension du "pequeno" !"... Et il nous a grimpé ça à une vitesse à faire rougir un chamois !!!


Non ça c'était pas un Chamois mais un espèce de croisement bizarre entre Lama et Alpaga je pense...





Mon équipe de choc !!!:




Ca c'est le sommet, on monte tout en haut par la crête :




Et ça grimpe, ça fait pas semblant !!! :


Ouf, ça fait du bien d'arriver !


Ben ouais j'suis CONTENTE !!!!!!



Petite pause clope bien méritée pour les intoxiqués... Et à cette altitude, y faut franchement en être un VRAI d'intoxiqué ! La splendide russe Irina pourra longtemps se vanter  d'avoir grillé un cigarro aussi haut !!!




Du sommet, on a une super vue sur le Huayna Potosi qui dommine la Paz du haut de ses 6000m, remarque, c'est vrai que Faustine n'avait aucune raison de monter jusque là pour ça : elle se réveille tous les matins avec vue imprenable sur la Paz et les montagnes du haut de ses 22 étages  !!!



Et voilà, merci encore à nos super guides, on est super contents d'être montés jusque là et la rando était MAGNIFIQUE et super sécure, alors
MMMMMEEEEEEEEEEEEEEEEEEERRRRRRRRRRRRRRCCCCCCCCCCCCCCIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!



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Mercredi 11 juin 2008
    Nous y voila ! Apres un jour passe a Cusco, nous pouvons juste resumer nos impressions par un mot : merveilleux... Et meme si le bus, la, ca suffit, nous ne regrettons pas les 65 heures de voyages effectuees pour arriver jusque la... ! Car le melange des restes de la presence inca dans chacune des ruelles, de la tranquilite des montagnes andines qui entourent le site, et de la vie qui grouille de partout, nous a tout simplement plonge des notre arrive dans un etat d emerveillement. Et des que nous nous serons aclimate aux 3400m d altitude de cette ville, promis, on te mettra des photos !

    Alli estamos ! Despues de un dia pasado en Cusco, podemos resumir nuestras impresiones con una sola palabra : maravilloso... Y aun si el bus, ahora, ya basta, no nos arrepentimos los 65h de viaje hechas para llegar hasta aca... ! Pues la mezcla entre los rastros de la presencia inca en cada callecita, la tranquilidad de las montañas andinas rodeando el sitio, y la vida hormigueando (uaaa, que palabra tan increible...!) de todos los lados, todo eso nos puso simplemente en un estado de admiracion. Y en cuanto seremos aclimatados a los 3400m  de altura de esta ciudad, prometido, te pondremos fotos !

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Lundi 9 juin 2008

     Lundi apres-midi : apres 30h de bus effectives, 7 ou 8 DVD, et environ 2800 km parcourus depuis Temuco, nous voici juste de l´autre cote de la frontiere Chili-Pérou, dans la ville de Tacna ! Le nord du Chili est une suite de paysages bien differents du sud, qui nous ont rappelé l'Afrique : savanes, steppes, pampa, et puis le désert d´Atacama et ses observatoires astronomiques... Accompagnés d´un péruvien chanteur de reggaeton sympathique qui nous propose de danser un peu dans la salle d´attente de l´agence de bus, nous attendons donc notre prochain bus qui nous emenera jusqu´au nombril du monde : Cusco !

     Lunes por la tarde : despues de 30 horas de bus, 7 u 8 DVD, y algo como 2800 km recorridos desde Temuco, estamos justo del otro lado de la frontera Chile-Perú, en la ciudad de Tacna ! El norte de Chile es una sucesion de paisajes diferentes del sur, que nos recordaron Africa : sabana, estepas, pampa, y luego el desierto de Atacama y sus observatorios astronómicos... Acompañados por un peruviano cantador de reggaeton simpatico quien nos propuse bailar un poco en la sala de espera de la agencia de bus, esperamos entonces nuestro proximo bus que nos llevara hasta el ombligo del mundo : Cusco !


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Samedi 7 juin 2008

    Samedi, journée à Santiago. Nous marchons dans la ville accompagnés de Sophie, jusqu'au Cierro Santa Lucia d'où l'on a une vue imprenable sur la cordillère... Le soir, nous revenons à la Casa Suecia où vivent Fabien et Sophie, puis nous allons poser dans un bar pour Daniel, un chilien qui aurait besoin de modèles pour les photos qu'il doit réaliser pour ses études de cinéma. Lénaïc est donc accoudé au bar, et offre un anneau à Morgane, qui lui répond par un sourire forcé, tandis que Daniel appuie sur le déclencheur de son appareil. Demain nous partons pour Arica à 8h00, et pour 24h de bus !

    Sabado, dia en Santiago. Caminamos en la ciudad acompanados por la Sophie, hasta el Cierro Santa Lucia de donde uno puede disfrutar de una vista tan fabulosa sobre la cordilera... Por la noche, volvemos a la Casa Suecia donde viven el Fabien y la Sophie, luego vamos para posar en un bar para Daniel, un chileno quien necesitaria modelos para las fotos que tiene que sacar para sus estudios de cine. El Lénaïco esta accodado al bar, y ofrece un anillo a la Morgane, quien responde con una sonrisa forzada, mientras el Daniel empuja el disparador de su camara. Manana, nos vamos para Arica a las 8.00, y para 24h horas de bu !

 


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Vendredi 6 juin 2008
    Vendredi matin, nous quittons Temuco à 7h30, sous un ciel brumeux, en direction du grand nord. Le trajet dure 8 heures, durant lesquelles nous sommes ralentis régulièrement par des barrages de routiers qui protestent contre la hausse des prix des carburants. Nous arrivons dans l'après-midi à Santiago après quelques 600 km, puis nous déposons nos affaires chez Ghislain qui a accepté de garder une partie de nos baggages le temps de notre voyage : merci encore ! Morgane s'en va alors assister à un concert de l'Orchestre Synphonique du Chili à 2 euros, tandis que Lénaïc reste dans l'appartement à regarder les Simpson à la télé, en chilien.    Viernes por la manana, salimos de Temuco a las 7.30, debajo de una nieblina, hacia el norte grande. El viaje dura 8 horas, mientras las cuales nos demoraron frecuentemente algunas barreras de camioneros protestando contra la alza de los precios de la bencina. Llegamos finalmente por la tarde a Santiago, despues de unos 600 km, luego dejamos nuestras cosas en la casa del Ghislain quien accepto guardar una parte de nuestras cosas por el tiempo del viaje : muchissimas gracias ! La Morgane se va entonces a assistir a un conciertito del Orquestra Sinfonica de Chile a 1500 pesos, mientras que el Lénaïco se quede en el departamento mirando los Simpson a la tele, en chileeeeno po.


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Jeudi 5 juin 2008
 

Bon ben comme l'indique le titre, on s'en va.

Et pourquoi on s'en va ? Et bien parce que notre cher maître de stage nous a cordialement convié à quitter Temuco, étant donnée qu'il n'a plus besoin de nous.

Donc on s'en va, direction Cuzco (enfin si on y arrive car comme un peu partout en ce moment, c'est grêve générale au Chili!!!), où nous seront accueillis par Martin (merci Martin!!).
Et après, ?...



Mais on ne peut partir de Temuco sans une pointe de mélancolie !
Donc petite "despedida" en image de cette charmante ville dont certains pourront dire ce qu'ils en voudront mais à laquelle on avait fini par s'attacher...




Fini donc les longues heures de lecture à la bibliothèque centrale et de recherches "électro-archéologiques" à Versailles.


(Vous avez vu ma nouvelle souris d'ordinateur ! (rire))
A oui, et pendant qu'elle est là, j'ai le plaisir d'annoncer à Gwenn et Marianne que Tequila se portait bien (c'est la souris) jusqu'à ce soir car Lénaïc l'a cuisinée en roti et il l'a trouvée bien portante. Non c'est pas vrai ! Broma ! Elle se porte donc toujours très bien et Dannie en prendra grand soin (comme elle l'a fait jusqu'à maintenant d'ailleurs...).

Fini la vue imprenable sur la plèbe de Temuco du 10ème étage de notre luxueux appartement à Versailles.



Fini les jus de framboise à volonté !! (snif snif snif)


Fini les déjeuners à 3 euros chez  Zuni,


son "jugo de palta" (oui oui, vous avez bien compris : jus d'avocat) et sa crème de quinoa.
 





















Fini aussi les empanadas et ensaladas chilenas,


Fini les fruits et légumes et épices de la feria,



Fini les fromages de toutes les formes mais d'un seul goût...


Et puis fini les innombrables randonnées au coeur des volcans dans les Araucarias.






  


 


Et qui dit fini les Araucarias dit fini les pinones !


Et puis surtout, adios chicos!!





Et chao Dannie!




Et puis et puis, adios Jérôme-Grosse-Voix qui est aussi devenu Jérôme-Grosse-Barbe de Puerto Saavedra !!


Je dis "adios" car c'est pas sûr qu'on ait le plaisir de le revoir un jour, en effet, le super Jérôme-Grosse-Voix-Grosse-Barbe part bientôt dans l'autre sens : direction la Patagonie, en plein hiver, camper sur des icebergs avec sa tente à 3 euros... Bon, même si il a eu la mauvaise idée de raser sa grosse barbe, il a encore son gros bonnet, et avec ça, il peut aller au moins jusqu'en Antarctique !




Bon allez, cuidate "Djé" et rendez-vous à Santiago en août !

Besos à tous !



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Lundi 5 mai 2008

    À force de bouquiner les différentes versions de l’Histoire chilienne, nous en finissons avec Bout’ à considérer l’Histoire comme un grand blabla, et à nous méfier de tout ce que nous lisons. Car entre les chroniqueurs menteurs et les auteurs se citant les uns les autres, beaucoup de choses s’écrivent, mais peu sont certaines… Enfin, après toutes ces lectures, nous voilà prêts à écrire à notre tour une histoire de plus !
    Bien que l’on ne sache encore ni trop comment, ni trop quand sont arrivés les premiers humains en Amérique, les traces les plus anciennes au Chili remontent à 12500 av.JC. En Araucanie, où nous sommes actuellement, les humains arrivent peu après, vers 10000 av.JC. À cette époque ils sont alors chasseurs-cueilleurs (source !), et le resteront jusqu’à environ 1000 ap.JC. d’après les études archéologiques. Puis à partir de ce moment-là, on trouve en Araucanie des traces supposant l’existence d’hommes pratiquant l’agriculture. Mais cela nous en reparlerons plus tard, car nous fouillons actuellement cette période…
    Le peuple vivant sur ces terres, et que l’on peut dès lors nommer Mapuche, profite donc d’un environnement fertile. Il se trouve entouré à cette époque d’autres peuples et civilisations : chasseurs-cueilleurs pour certains plus au Sud en Terre de feu, agriculteurs pratiquant l'irrigation pour d’autres plus au Nord vers l’actuelle Santiago. Des échanges culturels s’effectuent vraisemblablement avec ces peuples, et avec ceux plus lointains des Andes et d’Amazonie. Mais justement, un peu plus au Nord dans l’actuel Pérou, une civilisation se développe à la vitesse de l’éclair. En un siècle, la petite peuplade Inca finit par former un empire s’étendant depuis l’Equateur, et s’approchant du Chili. En 1450, les Incas menés par l'empereur Tupac Yupanqui, soumettent les peuples du Nord Chili, avancent vers le Sud, pour être finalement bloqués à hauteur de Santiago où se trouvent aujourd'hui les derniers restes de forts Incas : les Mapuches résistent à l’envahisseur. Une frontière se met en place, les Incas dominent le Nord du Chili, les Mapuches le Sud. Au cours des décennies suivantes des échanges culturels se mettent en place entre les deux peuples, et dans ce contexte de nouvel équilibre débarque un autre envahisseur : les conquistadores espagnoles.
    En effet, en Europe l’Espagne rayonne et se lance à la conquête du nouveau monde. Après la chute de l’empire Aztèque au Mexique, après s’être emparé au Pérou du gigantesque empire Inca de 8 millions de personnes, Pedro de Valdivia se lance à la conquête du Chili en quête de nouvelles richesses. Il rencontre sur sa route les peuples soumis aux Incas, fonde Santiago en 1541, et stoppe son avancée un peu plus au Sud, face aux Mapuches. Commence alors une période agitée, la Guerre de l’Arauco, durant laquelle vont se succéder des périodes de combats opposant les Espagnols aux Mapuches, et des périodes plus calmes. Ce conflit durera presque 300 ans, jusqu’à l’Indépendance du Chili. Mais, malgré les nombreuses tentatives, jamais les Espagnols ne parviendront à contrôler l’Auraucanie.
    Cependant, face au stress de la guerre, la société Mapuche va évoluer. Une partie du peuple, en recherche de zones pacifiques, s’aventure alors dans les Andes entraînant la « mapuchisation » pas toujours pacifique des peuples andains, et arrivant finalement jusqu’en Argentine où il existe encore aujourd’hui une communauté Mapuche non négligeable. Face aux Espagnols, la frontière se précise et se stabilise en Araucanie, des échanges se mettent en place entre les conflits. Les Mapuches, chasseurs à leurs débuts, agriculteurs ensuite, puis sous l’influence culturelle inca, se transforment alors petit à petit en éleveurs de bovins d’origine européenne... Dans cette nouvelle formation sociale se mettent ainsi en place des rapports de force nouveaux liés à la possession de bétail. Des rivalités se forment, des familles s'enrichissent et s’allient en groupes familiaux. Les plus riches envoient leurs enfants étudier à Santiago. Nous sommes à l’aube du XIXème siècle, et l’Araucanie évolue lentement vers une société seigneuriale. Mais cette évolution n'aboutira pas.
    Car voilà presque 300 ans que les Espagnols se sont installés, et le Nord du Chili se trouve peuplé de nombreux créoles, métisses descendants des indigènes, des Espagnols et d'autres colons immigrés au Chili. Ceux-ci commencent à se sentir chiliens, et l’envie d’indépendance naît dans le pays. C'est alors à ce moment-là que s’effectue un fait déterminant dans l’Histoire du Chili : alors que les patriotes se remémorent avec nostalgie les grands héros de l’Araucanie tels Lautaro ou Caupolican, ayant combattus si vaillamment l’envahisseur espagnol, les Mapuches, eux, voient dans ces visions patriotiques une nouvelle menace pour leur propre indépendance. Effectivement, les Mapuches tiennent à la terre qu’ils ont réussi à conserver si longtemps face au Espagnols, mais face à eux les patriotes s’enthousiasment d’un pays uni du Nord au Sud, englobant l’Araucanie. Ainsi, paradoxalement, lorsque la guerre éclate entre les royalistes et les patriotes, une grande partie des Mapuches s’allie aux royalistes lors des combats, pour tenter de conserver leurs acquis. Nous sommes dans les années 1810, et à la naissance du Chili indépendant c’est donc un clash, un traumatisme qui s’effectue entre les Mapuches et les autres Chiliens. Et lorsque le Chili déclare sont indépendance, l’Araucanie reste autonome dans les textes, mais pas dans l’esprit des Chiliens.
    Puis, comme les violences sont toujours présentes au frontières de l'Araucanie et du reste du Chili, le gouvernement entreprend vers 1860 une « pacification de l’Araucanie », se traduisant en fait par une guerre de plus contre les Mapuche. Dans le même esprit de pacification l'Etat chilien distribue ensuite des titres de propriété aux colons européens afin que ceux-ci peuplent l'Araucanie. Et cette dernière action se trouve finalement être la plus déterminante dans la disparition de "l'Etat Mapuche" : petit à petit, la terre collective Mapuche se trouve morcelée, privatisée, les fondements de la société Mapuche sont détruits, et l’Araucanie se fond peu à peu dans le Chili.
    Ainsi, aujourd’hui, même si l’Araucanie fait partie intégrante du Chili géographiquement, les Mapuches se trouvent en fait peu intégrés socialement et économiquement. Et l’on sent encore aujourd’hui les conséquences du clash ayant eu lieu à la naissance du pays, il y a bientôt 200 ans.


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Lundi 28 avril 2008
Hola!

Et ben non, en fait le prochain message ne sera pas dans un mois mais tout de suite ! Parce que Trafkura mérite vraiment son article.

Mais commençons par le commencement, Milton (et oui, encore lui, il est vraiment formidable ce Milton) est membre du CouchSurfing c'est à dire qu'il accueille des travelers de tous pays et leur offre son canapé pour la nuit. (Pour les curieux : cliquez ici et vous pouvez même vous amusez à nous chercher parmis les couchsurfers de Temuco !). Et il se trouve que l'Allemande qui a failli mourir (ou du moins vomir) au Nguillatun est en voyage pour 6 mois en Amérique du Sud et a atterri sur le canapé de Milton il y a un mois et le squatte toujours. Bon normalement, on ne reste pas un mois chez son hôte de CouchSurfing mais notre Allemande, qui ne s'appelle pas Trafkura mais Liane, s'est trouvée tellement bien à Temuco (comme quoi...) ou sur la canapé de Milton mais ça on ne le dira pas... Donc comme on ne quitte plus Milton, on n'a plus quitté Liane, ce qui fut un réel plaisir !

Je vous présente donc Liane :


Nous voilà donc partis un WE avec Liane participer à un atelier de permaculture (afin d'écourter mes articles, je vais désormais abuser de wikipédia : pour tout savoir sur la permaculture, cliquez ici) organisé dans un lieu magique petit paradis perdu au milieu de la cordillère des Andes : j'ai nommé Trafkura !

Mais Trafkura, encore une fois, ça se mérite ! Il faut d'abord prendre un bus jusqu'à Melipeuco d'où on a une vue imprenable sur le volcan Llaima,


volcan qui est d'ailleurs entré en éruption le 1er janvier dernier. Si vous voulez voir ce que ça donne, cliquez là ! Et selon les gens du village, on peut encore voir des fusées de lave jaillir du cratère la nuit...

Une fois à Melipeuco, il reste 20 km de piste jusqu'au pont Mapocho sur la route de l'Argentine. 3 fois par semaine, un bus peut nous déposer au pont, le reste du temps (en l'occurrence en ce qui nous concerne...), il y a 2 solutions : le stop ou les jambes, ou plutôt le stop ET/DONC les jambes car les véhicules se font rares sur la piste et les peu nombreux que l'on croise roulent tellement vite (100 km/h pour une des voitures dans laquelle on est montés) qu'ils ne prennent pas le temps de s'arrêter et t'envoient toute la poussière de la piste dans la figure. Mais parfois, on a quand même de la chance et on trouve une charmante jeune fille en chemin vers l'Argentine qui accepte de nous faire une place dans sa voiture ou un un peu moins charmant éleveur célibaitre qui nous fait monter dans sa bétaillère et rêve d'épouser une Française, ben tiens comme par hasard ("Non merci, de toute manière je préfère les filles" J'essayerai ça la prochaine fois...). Une fois arrivés tant bien que mal au pont Mapocho, il faut "monter la colline", c'est l'indication que j'avais la première fois que nous y sommes allés car étant restée à Temuco le vendredi soir pour des raisons obscures, j'ai rejoins les autres le lendemain matin. Ce jour là, il pleuvait des cordes et plus je "montais la colline", plus les gouttes de pluie se transformaient en... flocons de neige...

Voilà donc à quoi ressemblait Trafkura quand j'ai enfin rejoins mes compagnons :



Bon ben tant pis pour l'atelier construction d'une serre, on reviendra ! En attendant, on rentre se mettre au chaud au coin du feu avec un bon maté évidemment dans la petite maison en bois de Ricardo.



Oui oui, Ricardo est bien en T-Shirt alors qu'il neige dehors mais il faut avouer que l'ENORME feu au milieu de l'unique pièce chauffe incroyablement ! (J'ai failli mourir de chaud en débardeur) Et heureusement pour lui car à Trafkura, pas d'électricité, pas de chauffage et eau de source qui gèle dans le tuyau !



A que c'est bon de regarder la neige tomber dehors !


Après une superbe veillée musicale au coin du feu et une nuit même pas froide, les nuages se sont enfuis pour nous laisser apprécier ceci au réveil :


Et voilà l'équipe d'apprentis permaculteurs au grand complet !


Et même si la neige avait rendu impossible le travail en extérieur la veille, elle n'a pas empêché des échanges passionnants !


Et comme Liane est vraiment formidable (décidement, tous ces gens formidables !) et a été charmée par l'endroit (pas difficile en même temps), elle décide de rester travailler comme volontaire dans la ferme (WOOFING pour les initiés). C'est donc le coeur serré que nous la laissons à Trafkura mais voilà que moins d'une semaine plus tard, nous recevons un mail plutôt sympatique... : Liane, redescendue à Melipeuco, avait trouvé Internet et nous envoyait : "Hola chicos! Bon, Ricardo part pour une semaine je vais donc passer la semaine toute seule à Trafkura donc si ça vous tente de venir me tenir compagnie en apportant un peu de vin, vous êtes les bienvenus !" Il ne nous en faut pas plus pour nous décider, une telle invitation ça ne se refuse pas ! Donc après avoir présenté un travail sérieux à notre tuteur le lundi matin (sisi, on travaille parfois...), nous voilà partis avec Claire et Milton pour Trafkura. Ah la vie d'étudiant en thèse...

Et quelle ne fut pas notre surprise en arrivant de trouver Liane parler une langue bizarre (qui s'est révélé être de l'Anglais en fait...) avec un jeune homme. A Melipeuco, elle avait trouvé un Nord Américain en vadrouille en Amérique du Sud qui était parti pour marcher dans la parc du volcan mais elle l'avait convaincu de passer plutôt quelques jours avec elle à Trafkura, ha sacrée Liane ! Petit groupe très sympatique et cosmopolite donc mais on a vite fait comprendre à Chris (le gringo, le vrai !) que ça allait pas être possible de continuer dans la langue de Shakespear, ben non, désolés, on sait plus faire...

Les journées à Trafkura quand on est en vacances (donc qu'on ne travaille pas dans le jardin) ça ressemble à ça !

Le matin au réveil, si t'as faim, il faut d'abord aller chercher du bois et là, Lénaïco se retrouve replongé dans son élément ! Et cette fois, il a même trouvé un compagnon de jeu !



Puis il faut couper le bois et là encore, Lénaïco  prend les choses en main !


Et pendant que les hommes transpirent, nous on va prendre notre douche sous une cascade.


Oui oui, il neigeait la semaine précédente et on se baigne dans la rivière, et alors ? Bon, j'avoue qu'elle était vraiment GELEE GLACEE tout ce qui vous voudrez mais c'est tellement bon ! (A mais là ça va pas du tout ! Elle paraît minable sur cette photo notre cascade ! En vrai elle est très IMPRESSIONNANTE ! Tenez, sur la photo suivante il y a une échelle : si vous vous concentrez bien, vous pouvez apercevoir la tête de Liane qui se baigne sur la gauche...)


Une fois bien propres et glacées, on remonte dans la cabane où les hommes ont fait du feu et on peut commencer à cuisiner (comme quoi, à force de vivre dans un pays machiste, on finit par se plier aux coutumes locales). Au menu : Sopaipillas (beignets chiliens) et tortilla (qui n'est pas du tout une tortilla, c''est simplement du pain mais ici ils l'appellent comme ça !). Et tout ça au feu de bois s'il vous plait !


On laisse reposer la pâte au coin du feu pour la faire lever.


(Les yeux avertis auront reconnu le maté et sa paille en métal près de la pâte.)


Et le feu de Lénaïco est tellement génial qu'on peut y cuisiner en même temps la tortilla dans la cendre chaude et les sopaipillas frites dans l'huile sur le feu !



Et voilà le travail !


(Bon là je triche un peu, ce sont les sopaipillas de Ricardo une semaine auparavant mais les notres étaient au moins aussi beaux !)
Là par contre c'est NOTRE tortilla ! Et elle est parfaite ! Bien cuite, pas cramée et pas même une cendre sous la dent !


Et le reste de la journée, ça ressemble à ça :




Comme vous pouvez le voir, Lénaïco est complètement épanoui après avoir trannsporté du bois toute la journée ! Son compagnon de jeu aussi mais un peu fatigué quand même !...







Comme dirait Ricardo en jetant un regard plein de gratitude à la peinture murale de sa cabane, "Muchas gracias a la madre tierra !"




Une petite note nostalgique (snif) : ce fut notre dernière aventure chilienne avec Claire qui nous abandonne à Temuco et part voyager avec Marie à la conquête de l'Amérique du Sud ! Que te vaya bien Clara !!

(Ca ressemble à ça quand on a de la chance sur la route de Trafkura !)


Et pour finir, l'homme de la montagne


(no comment!)



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Mardi 22 avril 2008
!Hola companeros!

Malgré ce long silence, nous nous portons très bien ! Comme vous vous en doutez, nous continuons de faire des choses extraordinaires, par exemple en ce moment, Lénaïc ne boit plus que du maté pendant que je fais ma cure de raisin annuelle… Bon, normalement, la cure de raisin, c’est à l’automne à la saison du raisin et quand il n’est pas cher mais j’avais pris un peu de retard car voilà maintenant un an que j’enchaîne printemps-été (France), printemps-été (Nouvelle Zélande) puis été (Chili). Donc voilà enfin un automne chilien avec une pluie timide qui commence à se montrer tout doucement et du raison en abondance à moins de 30 centimes d’euros le kilo… Le moment idéal donc pour faire une petite cure pas chère… (Pour l’explication de ce qu’est le maté, je n’aurais pas la prétention de la donner ici : je vous conseille vivement de consulter le blog de Marine et Pauline en Uruguay (cliquez ici) : impossible de trouver un exposé plus clair sur le maté !) Et pendant ce temps, nous nous parlons toujours en Espagnol, plus un mot de Français, plus jamais, c’est fini ! (J’en viens à me demander si on arrivera à se reparler Français un jour…).

Ouais, je vous vois venir là : « Mais il sont FOUS ces deux là ! » Ben peut-être bien… Mais comme le dit si bien Paulo Coelho dans Véronica décide de mourir (livre bouleversant que je conseille à tous en passant), difficile de savoir qui sont les réels fous dans ce monde… Mais je m’égare là, le but n’était pas de vous entraîner dans mes digressions philosophiques mais de vous conter ce qu’il se passe de merveilleux dans notre vie chilienne.

 

Je m’exécute donc en commençant par expliquer ce titre étrange : « Nguillatun » (avec un accent sur le u normalement). Mais c’est quoi ce mot bizarre ?... Ethymologiquement, « tun » avec l’accent sur le u signifie réunion, cérémonie en mapudungun, la langue des mapuches (qu’ils ne parlent plus d’ailleurs, à part quelques anciens) et « Nguilla », ben je sais pas, désolée…

Mais qu’est ce que c’est un Nguillatun ? Et bien un Nguillatun, c’est une cérémonie mapuche, la cérémonie la plus importante de l’année, pendant laquelle les communautés voisines se réunissent pour demander aux dieux de la nature des bonnes récoltes pour l’année à venir : pluie, fertilité de la terre, bon ensoleillement, fertilité des animaux, etc. C’est une cérémonie plutôt fermée mais les membres de la communauté peuvent inviter des personnes extérieures aux communautés (invitations limitées). Et par une cascade d’événements qui a pris naissance dans un bus en revenant de l’ascension du volcan à Pucon (morale de l’histoire : ne jamais hésiter à taper la causette à ton voisin de bus, même si t’as la flemme et que t’as envie de dormir…), me voilà invitée à un Nguillatun…

Petite parenthèse sur le voisin de bus quand même : il s’appelle Milton, a vécu un an en France donc après m’avoir laissé lutter désespérément pour tenir une conversation avec les 3 mots de vocabulaire espagnol que j’avais alors, il s’est décidé à me dire avec un petit sourire et un Français parfait, « Tu sais, moi aussi je parle français ! ».  Bon, depuis, on ne le quitte presque plus, il nous a bien aidé à nous plonger dans la vie étudiante et nocturne de Temuco et à son grand désespoir, on refuse de lui parler Français, jejeje (rire écrit en espagnol).

 

Mais revenons en au Nguillatun, comment ça se passe ?

Et bien déjà, il faut prendre une voiture (merci aux gens qui invitent et qui en plus ont une voiture…) et aller très loin dans la campagne, dans un lieu bien paumé… Et là, quand tu te dis que vraiment il ne peut rien se passer par là, et bien tu te rends vite compte que tu te trompes… Te voilà nez-à-nez avec « un monton » de gens réunis au milieu d’un cercle formé de petites cabanes de bois et branches construites pour l’occasion (« un monton » = beaucoup, mais vraiment PLEIN, on aime beaucoup ce mot avec Lénaïc car il rebondit, c’est très marrant à dire : ça se dit pas ‘hein monton’ à la française mais ‘oun monton’ en rebondissant sur les ‘o’, ouais bref j’me comprends…). Donc « un monton » de gens sont là à danser devant un totem fait de bois, de branches d’arbres sacrés et de drapeaux des communautés plus un drapeau noir pour demander la pluie au pied duquel se trouve la machi. Plutôt impressionnant.

Mais on n’entre pas comme ça dans le site, il faut montrer patte blanche et se présenter (ou se faire présenter dans mon cas) au chef de la communauté qui accueille le Nguillatun sur ses terres. Le chef, comme tous les hommes importants de la communauté porte un bandeau de laine et un poncho comme tout le monde, il s’avance vers toi un peu intrigué au début, (mais qu’est-ce qu’elle vient faire là cette gringa ?) mais une fois les présentations faites, il se déride et accepte de t'accueillir dans le Nguillatun en te peingnant une trace blanche sur une joue (qui symbolise le beau temps) et une trace noire sur l’autre joue (qui symbolise la pluie). Vous pouvez faire le rapprochement avec le Ying et le Yang si vous voulez comme deux notions complémentaires et vous demander si il y a un lien et vous prendre la tête comme moi, en tous cas, ce que je peux vous dire c’est que la peinture est faite à base de farine et d’eau (la meilleure recette pas chère pour la colle, bien connue de tous les militants poseurs d’affiches de campagne ; pour les affiches, un petit truc de grand-mère (non c’est pas ma grand-mère qui m’a donné cette recette je vous rassure) : vous pouvez aussi ajouter du verre pilé à la mixture pour décourager les arracheurs d’affiches, ben oui, c’est pas super agréable de se faire déchirer les bouts des doigts, surtout que c’est sensible le bout des doigts…) bref la peinture faite à base de farine et d’eau et ben ça colle ! Donc ça arrache bien les poils pendant la journée... Je sens que je vais jamais arriver au bout de cet article qui est déjà interminable… Et puis je peux même pas mettre des photos pour aérer pasque pas question de prendre de photos, ce serait voler l’âme du village et de leurs dieux et je vous avoue qu’en unique gringa blonde de l’assemblée, j’avais plus envie de passer inaperçue que de sortir mon appareil pour voler l'âme du village... (en vrai, l’idée de prendre des photos ne m’était même pas trop venue à l’esprit, j’avais plutôt envie de profiter de l’atmosphère de tout ça).

Bon mais je vais quand même mettre des photos pour les gens qui sont arrivés jusque là (Bravo à eux !…) donc je m’autorise à utiliser google image pour une fois (ben si, c’est la première fois ! Quoi, vous n’y croyez pas au Puma qui nous a sauté dessus ? Ben vous devriez surtout savoir qu’ensuite, Lénaïc nous a sauvé en l’étranglant à mains nues puis lui a arraché le cœur encore battant avec les dents !)

 

 

Bon alors c’était pas du tout comme ça : on était tous regroupés au centre et des chevaux tournaient autour de nous et à la fin, quand la machi entre en transe pour communiquer avec les esprits, les cavaliers tournent de plus en plus vite autour de l’assemblée et avec le muday (alcool de blé) et autres substances qui circulent pendant la cérémonie, (ben oui, faut bien s’hydrater !), tout ça est vraiment très fort et donne un peu le tournis…

 

 

Là, la femme à droite pourrait bien être une machi avec son petit tambour (vous me direz celle de gauche aussi mais elle, elle me paraît un peu jeune…). En plus, les femmes portaient des bijoux qu’on ne voit pas sur cette photo : des colliers et bandeaux faits d’ENORMES pièces d’argent qui doivent peser 3 tonnes et font un bruit d’enfer dès qu’elles font un mouvement. Un jour Lénaïc vous expliquera l’origine de ces bijoux car là il faut vraiment que j’écourte…

 
Le Nguillatun dure environ 3 jours et le dernier jour, après la cérémonie, a lieu le partage de nourriture entre les communautés. Et comme c’était le dernier jour de la cérémonie, j’ai donc eu la chance (?) de participer à ça. Chaque famille a construit sa cabane en bois devant laquelle un « asado » (« asao » en chilien : souvenez-vous, on ne prononce JAMAIS l’avant-dernière lettre d’un mot si c’est un consonne entre deux voyelles), un barbecue a fonctionné toute la matinée. La fille qui nous a invité était elle même invitée dans une famille donc de ce fait nous aussi, nous nous asseyons donc à table dans une cabane et nous nous laissons servir : une ENORME assiette de « casuela », le plat typique d’ici (légumes et viande dans un bouillon et beaucoup de feuilles de coriandre), avec 2 gros morceaux de porc. Je me souviens donc de ce que Milton m’a dit : surtout, tu ne refuses rien de ce qu'on t'offre ! Donc nous mangeons tout. Une fois que nous avons fini, un homme nous lance : « ce n’est que l’entrée ! » « !Jejeje, que broma! ». Mais il se trouve que ce n’est pas du tout une blague ! Je regarde ébaillie l’assiette suivante arriver : deux énormes morceaux de bœuf (mais quand je dis énorme c’est vraiment énorme genre l’équivalent d’une petite côte de bœuf…) au milieu de divers légumes verts et patates. Puis une troisième assiette arrive (si si !) : du cheval cette fois si je me souviens bien, et là, vue le regard désespéré que je lance à Milton (invité aussi), il me tend un sac en plastique : « Tiens, t’en ramèneras à la maison». Sauvée donc, c’est pas que j’aime pas la viande mais on a tous nos limites… Tout ça arrosé abondamment de Chicha et de vin bien évidemment… Le plus drôle, c’est qu’en se traînant tant bien que mal hors de la cabane, Milton me glisse à l’oreille : « Il y a encore 2 invitations ! » ??Que?? !O no!, !no puede ser!... Et ben si, on remet encore ça 2 fois mais je vous rassure, tout le monde a recouru à son doggy bag… A si y avait encore plus drôle : une des autres gringas (pas blonde) invitées avec moi était une allemande… végétarienne. Je trouve ça vraiment très drôle, bon elle un peu moins… 

Et pour digérer tout ça, j’ai même eu droit à un petit tour à cheval dans la campagne environnante à force de regarder pendant un quart d’heure avec des yeux de gamine un superbe cheval noir… Son propriétaire a fini par me demander : « Tu sais monter ? » « Heu, peut-être… »

Et voilà, cet article se termine enfin, heureusement qu’il n’y en a pas un tous les jours… Mais rassurez-vous, le prochain sera sûrement dans un mois et il n’y aura que des photos, ça vous laisse le temps de lire tout ça.

Une superbe expérience en tous cas : c’est bien beau de lire des choses dans les livres mais c’est autre chose de les vivre… Ou comment en apprendre plus sur la culture Mapuche en un jour que depuis les 2 mois passés ici ?

Une petite note de réalisme tout de même : si la plupart des communautés mapuches continuent à célébrer le Nguillatun, cette fête devient de plus en plus une des dernières cérémonies encore célébrées. Nous nous rendons malheureusement compte que la culture mapuche s'éteint doucement avec ce peuple dont les droits et les terres ne sont toujours pas reconnus malgré des années de lutte et de revendication et avec l'influence d'autres religions amenées par les colons. Par exemple, dans une des communautés dans laquelle nous sommes allées, plus de 50% de la population est évangéliste et considère les kueles et toutes les croyances qui y sont attachées comme sataniques.

!Hasta luego!

 


 


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